Doina Ruști

Quatre hommes plus Aurelius (Patru bărbați plus Aurelius)

Quatre hommes plus Aurelius (Patru bărbați plus Aurelius) - Doina Ruști
Ed. Polirom, 2011 (roumain)

Quatre hommes plus Aurélius

Polirom, 2011

45000 mots/220 pg standard

I. Les pages de plomb d’un roman classique

  1. Mon drame est lié aux livres. Certains perdent l’ouïe. D’autres perdent l’appétit. Moi, j’ai perdu toute envie de lire. J’attrape un livre, je le regarde et je le remets à sa place. Pas la peine d’incriminer notre époque, la télé ou la stupidocratie ! Dans mon cas la cause s’incarne dans quatre hommes, quatre créatures sorties de sous les pans du manteau d’Aurélius.

Il n’y a pas si longtemps j’adorais lire des romans, entrer dans leur fibre invisible et me transformer en beignet, en ver, en mollusque, cachée dans les poches douillettes d’un autre esprit humain. Aujourd’hui j’ai perdu cette joie. On me l’a ôtée, tout élan est mort et j’ai oublié non seulement les belles mains de Remedios, mais aussi la salive brûlante de Leopold Bloom, la cuisse chaude de la vache d’Isaac Snopes, les œillères de Charles Bovary, la saveur de la bouche de Rastignac, le sorbet alexandrin de Balthazar et jusqu’aux oreilles rougies d’un matelot dont j’avais lu l’histoire l’année dernière.

Ma métamorphose en personne agile et non lectrice n’est pas complètement naturelle. Comme je le disais, les contraintes du temps n’y jouent aucun rôle. Les responsables exclusifs de mon état sont quatre hommes, ainsi qu’Aurélius lui-même.

Je ne l’ai compris que bien plus tard, lors d’un hiver aux multiples coïncidences. Je vivais jusqu’alors dans la lourde tristesse héritée d’Aurélius, sans me rendre compte à quel point son message était subtil, car, au-delà de la haine d’une paire d’yeux, il existe toujours un but très précis fondu dans le sang d’une histoire.

La suprême humiliation porte pour moi le nom d’Aurélius.

Rien de ce que j’ai vécu ne peut être comparé à lui, à ce regard qui me disait sans l’ombre d’un doute que non seulement il me mépriserait jusqu’à la mort, mais aussi que rien de ce que j’allais jamais faire n’allait ébranler l’opinion qu’il s’était faite de moi. Il m’attirait avec son regard rempli d’insistance et d’insinuation, presque de sympathie parfois, mais dès que je m’approchais suffisamment il détournait la tête avec dégoût et m’écrasait définitivement. Et sa joie était tellement vraie et intense que je la ressentais n’importe où. Elle s’est infiltrée dans mon cortex cérébral, s’est glissée dans l’air que je respire et dans la poussière qui monte lentement jusqu’au huitième étage. Je perçois l’étincelle de ses yeux, je le vois se relever majestueusement, tandis que je me transforme en un filet de salive qui s’échappe sous ses moustaches droites.

Il est partout et il est immortel.

Aujourd’hui encore, pendant les journées d’été surtout, j’ai l’impression de franchir la porte du bâtiment C2 sur le campus, puis de le voir surgir. Je longe les buissons qui flanquent l’allée, vivant intensément l’idée de chaleur, de transpiration et de juillet bucarestois, et parmi les taillis hérissés je perçois ses pas mesurés, la langue glissant sur ses dents et jusqu’au mouvement discret de ses pupilles. Dans les branches de l’aubépine en face du bâtiment C2, l’antipathie d’Aurélius est une paire de godillots qui gambadent sur un chiffon à moitié enterré, vous savez, une robe rose où sont venues se perdre des dizaines de fleurs aux teintes violettes. On voit toujours traîner de tels chiffons, quasiment recouverts de terre, sous les buissons, dans les parcs ; impossible de ne pas en avoir vu un, un ancien habit foulé par des semelles épaisses qui a jadis connu la gloire et la reconnaissance fébrile des yeux enchantés par sa couleur et sa souplesse. Et par-dessus ce reliquat de jupe, parmi les branches d’aubépine fleuries, passe parfois la silhouette unique d’Aurélius. Son cerveau me guette comme un chacal. Il a le même regard qui m’appelle et me séduit, mais une fois à ses côtés, il me transforme en mégot de cigarette à écraser du bout du pied.

Je suppose que chacun a son Aurélius.

Chez moi, il faut cependant ajouter les quatre hommes. Je ne voudrais pas parler d’eux, sachez néanmoins qu’il s’agit de ces gens inévitables dans la vie de chacun.

Vos yeux tombent sur quelqu’un. Vous le voyez par hasard et vous savez que ce n’est pas bon pour vous. Malgré cela vous ne vaquez pas à vos occupations. Un cafard vous bouffe de l’intérieur. Vous vous tenez debout, ancré dans le monde, mais ce monde n’existe plus pour vous. Vous avez des choses à faire, vous êtes pris par des championnats ou bien vous préparez mariages, baptêmes, enterrements. Parfois vous devez donner des conférences, chanter devant des salles combles, les yeux des milliers de fans, adeptes, admirateurs éternels rivés sur vous. Peu importe ce que vous faites ! Si la bestiole a pénétré en vous, vous êtes comme mort. Hors circuit, ligoté. Et ces individus capables de dérégler votre horloge interne sont les pierres de touche de votre vie, incontournables, indomptables, infranchissables.

Ce sont les inévitables.

Le fait de les rencontrer vous fait perdre le fil. Parfois ça dure des mois, parfois même un an. En ce qui me concerne, ça n’a jamais dépassé une année. Je le jure !

Par conséquent, j’avais dépassé l’étape d’Aurélius et des quatre hommes inévitables. J’avais déjà un palmarès, un statut et un état d’esprit. Mais, vous savez, les faits passent, les traces restent. On lisait sur mon visage comme les effets d’un sac en plastique qui m’aurait privée un certain temps d’oxygène. J’avais une tronche maussade que je ne pouvais pas faire semblant d’ignorer.

C’est à l’époque de ce visage de merde que j’ai commencé à perdre complètement mon appétit de lecture.

J’achetais un roman, et à la quarantième page je mourais dessus. Ou alors, même si je le lisais intégralement, j’étais absente, je n’étais pas capable de suivre tous les mouvements du personnage, tous les commentaires, et il n’était plus question d’apprécier les détours narratifs. J’ouvrais le bouquin dans le métro ou dans mon lit du C2 et dès la première page je me disais que je lisais Amos Oz parce qu’il avait eu le prix Nobel, je me réjouissais d’avoir ouvert le Terroriste d’Updike dans le seul but de pouvoir contredire quelqu’un sur Facebook, je lisais des pages entières de Choke ou de Mon nom est Rouge, je feuilletais The Enchantress de Rushdie juste pour trouver des défauts et des baudruches narratives. J’étais comme sur des charbons ardents, maussade et toutes griffes dehors tandis que je feuilletais le livre avec dégoût. Même quand je tombais sur des histoires qui me touchaient, à la lecture des lentes cruautés de Disgrâce, des solitudes de Paolo Giordano ou des détails sombres de Hosseini, je commençais à remarquer la fréquence des moments de monotonie et surtout d’évasion. Car même si mon esprit était plongé dans la lecture du roman, une part de moi, une part importante, évaluait encore les visages vus ce jour-là, les vitrines et même les pubs qui continuaient à vivre en moi et à inonder non seulement les recoins de ma tête mais jusqu’au monde de fiction dans lequel j’essayais de me blottir pendant un certain temps.

Des réalités aussi banales que les cris des enfants autour des immeubles, des signaux venus du présent ou des profondeurs du temps dominé par les yeux d’Aurélius, des gestes anciens ou récents s’entrelaçaient sans cesse au dessus des pages du livre, au dessus de mes anciens menus plaisirs, se transformant doucement en ma seule vraie histoire.

L’évidence de ce tressage obstiné m’est apparue seulement une fois le cap des quatre inévitables franchi, avec l’apparition fatale de Georges Cheval.

  1. La véritable histoire commence un jeudi, quand Léo a ouvert la porte du bureau, sa silhouette frêle s’est tortillée dans la lumière blanche du couloir et j’ai entendu sa voix famélique :

- Un cheval ! J’ai besoin d’urgence d’un cheval !

Je savais que ses yeux étaient fixés sur la semelle blanche de mes ballerines même si je ne voyais pas bien son visage.

Ou plutôt d’une tête de cheval, le museau levé, a-t-il miaulé de la porte de son bureau.

Et comme il voyait que je n’émettais aucun son ne serait-ce que pour la forme, il a balancé une explication supplémentaire :

- Qu’il ait l’air de parler, tu comprends, hein ? Qu’il soit drôle !

Je comprenais parfaitement : un cheval photocopié, importé sur Photoshop et mis en pièces.

Chaque fois que j’entends Léo, je me souviens du chiffon rose parmi les buissons du bâtiment C2 avec sa gloire anthume et sa postérité lamentable, et cette association me donne un sentiment de confort.

Dès que la porte du bureau s’est refermée, je me suis détendue. J’ai ouvert Google, j’ai tapé « cheval » d’un seul doigt et j’ai appuyé sur Images

Seulement, au lieu d’un truc simple comme d’habitude, quelque chose s’est passé en ce jeudi brumeux. Dès que j’ai cliqué, mon regard a été happé par une seule et unique photo. On ne peut jamais tout voir, même pas le centre de l’image ou la vedette d’un groupe. Chaque œil se fixe exactement sur sa matrice. Parmi les 21 petits carrés de l’écran, mes yeux en ont choisi un seul. Comme si tous les autres s’étaient cachés dans les nuages. C’était une photo noir et blanc où un mec regardait par-dessus l’épaule, par-dessus le col lustré d’un blouson en cuir, et son visage, à commencer par les yeux et jusqu’à la façon de tenir son menton, faisait penser à un surveillant de club.

J’ai levé de nouveau mon index et j’ai accédé à la source. La photo avait 600 pixels et c’est seulement à présent qu’on voyait les détails. Les cheveux étaient attachés en tresses fines entre lesquelles on voyait des raies de peau blanche tels des vers éparpillés sur toute la tête. En dessous on pouvait lire George Cheval.

Bien évidemment, le type, avec ses nattes collées à la tête et son blouson en cuir, était un brin marginal. Mais malgré ces évidences, à mesure que j’essayais d’éviter son regard, mes minuscules troupeaux de buffles se sont mis en mouvement à toute vitesse, en partant des omoplates vers le bas, jusqu’à l’ourlet vert de ma culotte qui dépassait du jean. Quiconque entre dans mon bureau regarde deux trucs : mes chaussures pointure 40 et cette frange verte qui dépasse du pantalon. C’est rare que quelqu’un me regarde, moi. Mes yeux. Ou par exemple mes mains. Mais à ce moment précis de cette journée de jeudi, assise confortablement, les jambes allongées sous mon bureau, en m’appuyant sur les talons, consciente de la dimension de mes pattes et de la frange verte des bikinis achetés chez Cora, j’ai eu la sensation que le visage affiché sur mon bureau me regardait droit dans le cerveau. L’homme de la photo avait le visage bronzé et mal rasé tandis que sa lèvre inférieure retombait vivante et lisse comme une saucisse polonaise.

J’ai fini par sortir dans le couloir sans aucun but. Y’a des moments, on quitte son ordi pour éviter la dépression. On se dirige vers le frigo, on bâfre deux trois trucs. Ou alors on se dirige vers le bureau du voisin même si on le trouve idiot. On fait tout simplement semblant d’avoir un truc urgent.

Mon regard s’est collé à la vitre de la porte d’en face. Robi, les cheveux tombant sur le visage, était en train de lire les Misérables. Il se prélassait dans son fauteuil noir, les jambes posées sur le coin du bureau et les yeux dilués dans les lettres du bouquin, des lettres que j’imaginais fleurir en toute hâte, se prolonger dans les épaules tombantes, dans les longs cils, dans les lèvres boudeuses. Soyons sérieux ! Qui lit aujourd’hui encore les Misérables ? Tout le monde sait que Jean Valjean a fait de la tôle parce qu’il avait volé du pain. Ce qui ne veut pas dire que tout ce monde-là a également lu le livre. En réalité, je pense qu’il n’y a personne pour lire les Misérables d’un bout à l’autre. Encore moins le relire ! A une exception près – Robi. Il s’était plongé dans les pages bruissantes pour vérifier un fragment sur les neveux de Jean Valjean.

Enfin, maintenant que je le raconte on dirait que j’ai passé une heure à regarder la porte de Robi. Il s’agit en fait de quelques secondes. Je suis sortie, je l’ai fixé, puis j’ai de nouveau entendu la voix de chat idiot de Léo. Je me tenais dans le couloir, parmi les tas de dossiers, devant la porte vitrée à travers laquelle je voyais Robi lire aristocratiquement, et Léo me faisait de l’ombre à droite comme un coucou. Je ne sais pas à quoi ressemble un vrai coucou. Mais je l’imagine le bec tombant, aussi insignifiant qu’imbu de sa personne.

Léo a miaulé de nouveau J’ai demandé un cheval ; bordel, je dois le demander en russe ?

La lumière de jade du mois d’octobre tombait par la fenêtre.

J’aurais dû lui répondre, lui crier un peu dessus, mais étrangement je ne pouvais pas décoller mes yeux de Robi. Bien sûr, celui-ci l’avait également entendu et en l’observant lever un sourcil de son bouquin cartonné j’ai eu le sentiment qu’il remplaçait sur le champ les visages sales des neveux de Jean Valjean par le nez tremblant de Léo, qu’il imaginait assurément sur le seuil de son bureau, petit, blond et pleurnichard.

Pour tout vous dire j’étais dans un état vaseux, dans un moment où on se coltine des trucs aussi ennuyeux que possible. Et ce n’est pas par hasard. C’est justement dans ce genre de moments, quand on sait très bien que rien d’essentiel ne peut arriver, que les signes infimes de la vraie histoire apparaissent. A ce moment-là ni Robi, ni Léo, ni moi assurément ne pensions que dans notre triste couloir assailli par des tas de dossiers quelque chose de neuf pourrait advenir.

Et cependant, dans la lumière diaphane avançait, sans hâte, un intrus.

  1. Il ne m’est jamais arrivé de me heurter dans la rue aux visages sûrs et ironiques, aux yeux dramatiques ou aux lèvres peinturlurées de Facebook. Je n’exclus pas les avoir rencontrés bien sûr. Cependant je n’ai identifié personne sous le pauvre habit qui monte l’escalier du métro. Il est vrai que de nombreuses personnes ne mettent pas leur vraie photo sur Facebook, mais plutôt des masques ou des photos d’acteurs, voire d’animaux le plus souvent. C’est ce qui me semble le plus pénible ! Pourquoi quelqu’un voudrait-il me faire croire qu’il est un chien ou un serpent ? Ou encore pire – un taureau furieux ? Une fois c’est une paire de jambes qui m’a écrit pour demander mon amitié. La personne pensait peut-être que j’étais incapable de comprendre le reste. Je me demande pourquoi ils refusent de montrer leurs yeux, il existe deux raisons bien classiques à vrai dire : des boutons ou un gros nez. Certains cependant mettent vraiment leur photo. Mais malgré ça je ne les ai pas vus tourner dans les centres commerciaux, ni à Piața Obor ni devant le bâtiment C2. Peut-être que mes amis Facebook restent assis dans leurs fauteuils et tapent sur le clavier. On rit, on s’amuse, mais sans quitter le poste ! Qui sait ! Je n’ai jamais vu personne jaillir de l’écran directement dans ma vie. Mais j’ai vu d’autres trucs qui ont renforcé ma conviction que le monde est fait de coïncidences.

Ce jeudi-là, ce n’est pas l’apparition d’un étranger qui m’a touchée, mais l’impression très vive qu’une paire de ciseaux gigantesque tailladait un million de photos au dessus du couloir, et un bref instant j’ai eu l’impression qu’un Braque me tombait dessus, un de ces tableaux faits de débris, de dizaines de mondes coupés au hasard et dont les restes ont été encadrés par un aveugle.

Je l’ai vu approcher lentement en faisant claquer ses tennis sur le carrelage noir et blanc. Je me souviens que le brouillard de l’automne frappait aux vitres et l’intrus caressait ses cheveux aux tresses poisseuses. Je l’avoue, je me suis rendu compte dès le premier instant que c’était lui, même si j’ai mis quelques secondes à l’accepter. Il était exactement comme je l’avais découvert sur Google, même coupe de cheveux, même visage, si bien que j’ai été presque choquée de ne pas lire quelque part l’inscription George Cheval. Devant moi se tenait en chair et en os le même homme qui, trois minutes auparavant à peine, n’était qu’une photo sur internet.

Ma première impulsion a été de dire Léo, voici ton cheval !, mais bien évidemment j’aurais eu besoin de beaucoup d’entraînement pour prononcer ces mots !

C’est donc lui qui a sorti le discours préparé à la maison :

- C’est bien ici Action film ?

Il nous regardait à tour de rôle, chacun posté devant la porte de son bureau : Léo tel un poussin rachitique, moi avec ma patte pointure 40 prête à me diriger vers lui.

Dans le silence qui s’est ensuivi les paupières du visiteur ont froufrouté brièvement. Elles avaient un mouvement globuleux que j’ai également remarqué par la suite. Chaque fois qu’il levait ses paupières j’avais l’impression de voir éclater, telles des groseilles noires, les petites baies d’une ironie cachée.

-Le département de développement. Que pouvons-nous pour vous ? lui ai-je demandé avec une voix de fonctionnaire mal baisée.

Il a continué à sourire, plantant dans mes yeux non seulement son regard, mais aussi son arrogance, ses pensées et, d’après mon sentiment d’alors, ses instincts de mâle et de chasseur. Et à mesure que je le regardais, pendant ces secondes du premier contact, avant même de m’habituer à sa figure, j’ai compris avec douleur que je me retrouvais de nouveau devant un inévitable.

Les jalousies dorées de la porte vitrée de Robi sont tombées avec bruit.

- J’ai une proposition à vous faire, a fini par chuchoter ce visiteur que je croyais occulte.

Je me suis rendu compte qu’il avait également marqué Léo, lequel me l’a refilé, susurrant avec une indifférence quelque peu ostentatoire : 

- Tu t’en occupes, mais d’abord envoie ce cheval !

Et pendant que deux lamelles de la jalousie de Robi vibraient finement, j’ai fait signe au mystérieux George Cheval de se glisser par la porte encore entrouverte.

Au moment même où je l’accompagnais du regard, en lisant au passage l’inscription rouge sur son jean, je me suis souvenu que sur l’écran de mon ordinateur portable clignotait encore sa photo, avec les mêmes cheveux en nattes et le même blouson en cuir noir.

Traduction du roumain en français par Monica Salvan