Doina Ruști

Critiques

Doina Ruști est une prosatrice puissante et originale, rara avis dans la littérature roumaine post-décembriste.

Avec ce troisième roman, aussi ambitieux que réussi, Doina Ruști entre dans l’élite de notre prose encore jeune.

Un livre [La Fantome du moulin] très bien articulé sur le plan narratif, avec de solutions incitantes pour le lecteur moderne, et une science du récit et du dosage informatif en prise avec toutes les catégories de lecteurs.

Doina Ruști écrit un roman puissant [La Fantome du moulin], dans lequel la vigueur épique, l’acuité de l’observation réaliste, la minutiosité des descriptions et les discrètes effluves lyriques soutiennent une histoire captivante.

Mais ce livre [La Fantome du moulin] est avant tout généreux quant à la captation de l’émotion sous sa forme naturelle, sans aucune stridence stylistique ni ces grincements solipsistes dont font assez preuve ses contemporains.

De manière très habile, les événements de la grande histoire se reflètent dans la petite, dans la chronique de famille que Doina Ruști fait avec son talent habituel, avec une grande capacité d’observation des détails d’atmosphère et de langage.

Doina Ruști compte parmi les rares écrivains que connaît la littérature roumaine post-décembriste, qui soient réellement capables de raconter une histoire.

Par-delà l’originalité du thème, ce roman [Le Fantome du moulin] ne saurait tenir sans le talent, sans l’intelligence et la verve de l’auteure, qui transparaissent pleinement.

L’observation lucide et profonde de l’être humain, mélange de froide dureté, de malice et de vibration empathique, est l’une des qualités majeures de l’auteure, également visible dans les niveaux de langue : le récit blanc, aux touches bouleversantes, trouve un juste milieu avec la tonalité du langage paysan.

Peu de prosateurs peuvent aujourd’hui se vanter de savoir raconter une histoire – fluide, charmante, sans digressions narcissiques. Doina Ruști est de ceux-là, sans l’ombre d’un doute.

Ce roman [Zogru] est chargé d’un réalisme atroce, exposant une vision aussi avérée que possible de la réalité strictement contemporaine, mais il s’évade dans le fantastique avec tout autant de naturel que la célèbre Remedios de Marquez, par exemple, lorsque, étendant des tapis à sécher, elle s’élève vers le ciel.

De l’érudition, un sens de l’histoire qui manque aux auteurs contemporains, et, par-dessus tout, un style qui en porte l’empreinte dépourvue d’équivalent.

Le fabuleux, le miraculeux, le surnaturel interfèrent avec la petite histoire, à ras de terre, même en régime diurne. […] Un roman [Zogru] consistant et palpitant, une apparition totalement insolite dans le paysage littéraire actuel.